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            PLAIDOYER  POUR  LE  MARIAGE 

     

    Préambule :

     

    Ce texte ayant  été rédigé en 1988 n’en reste pas moins d’actualité. Je dirai même qu’il l’est d’autant plus que le mariage est battu en brèche et que sa signification première est détournée, avec la perspective contre nature d’une union légalisée de personnes du même genre entraînant des conséquences sociétales délétères voire catastrophiques.

    Ce texte s’inscrit dans la perspective ouverte par un précédent article sous le titre : « Pensées sur le mariage. » 

    Le mariage : une institution divine : 

    Après avoir créé les cieux et la terre, Dieu forma l’homme à son image et dit : « il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je lui donnerai une aide semblable à lui. ( Genèse 2 v 18 ).

    Dieu forma la femme et l’amena vers lui ( v 22 ). Dieu dit en les bénissant : « Croissez et multipliez, remplissez la terre et prenez-en possession. » ( 1 v 28 ). 

    Ce récit de la Genèse est confirmé avec autorité par Jésus-Christ, le Fils de Dieu lui-même.

    Alors qu’on l’interrogeait sur le sujet du mariage, il répondit ceci :

    « N’avez-vous pas lu que le créateur, au commencement, fit un homme et une femme ?C’est pourquoi, l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme et les deux deviendront une même chair. Désormais, ils ne seront plus deux mais un : que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni. » ( Matthieu 19 v 4 et ss ) ( cf : Genèse 2 v 24 ) 

    Ainsi Dieu lui-même crée la famille par l’étroite union de deux vies destinées à se compléter l’une l’autre et à s’enrichir des vies qui naîtront  d’elles.

    Dans l’Ecriture Sainte, les témoins de Dieu affirment d’âge en âge la grandeur et la sainteté du mariage. Les prophètes d’Israël, voient en lui l’image de l’alliance de Dieu avec son peuple. L’apôtre Paul compare l’amour qu’un mari doit avoir pour son épouse à celui de Jésus-Christ pour son Eglise qu’il aima jusqu’à donner sa vie pour elle. 

    Les fondements du mariage : 

    Nous voyons donc émerger clairement de la pensée de Dieu trois idées-forces concernant le mariage , soulignées par le professeur Henri Blocher de la faculté de théologie de Vaux-Sur-Seine :

    - la monogamie, l’indissolubilité et l’amour.

    La monogamie qui découle de l’exclusivité du lien matrimonial : à chaque mari sa femme et à chaque femme son mari ! ( 1 Corinthiens 7 v 2 ), principe maintenu par Dieu, même s’Il a dû tolérer la polygamie sous l’Ancienne Alliance.

    L’indissolubilité : que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni ! autrement dit : ce que Dieu veut, c’est un mariage pour la vie . Il faut voir là une indissolubilité morale plutôt que physique du lien conjugal que seule la mort d’un conjoint peut briser. Mais le commandement implique que le lien puisse, hélas, être rompu bien qu’il ne doive pas l’être. Ainsi, celui qui rompt le lien excepté pour cause d’adultère, s’oppose brutalement à l’intention divine.

    L’amour : Dieu veut l’amour dans le mariage.

    Le vieux commentateur anglais Matthew Henry a parfaitement résumé le vœu de Dieu pour les époux : «  Ils sont une même chair, qu’ils deviennent une seule âme ! »

    Or, pour réaliser cette union spirituelle il faut plus qu’un sentiment, plus qu’une attirance physique, plus qu’une complémentarité de caractère, il faut une volonté d’aimer soulignée par le second commandement : «  tu aimeras ton prochain comme toi-même ! »…et quels sont les plus proches, sinon l’époux et l’épouse ?! 

    Trois fondements du mariage qui, reconnaissons-le, ne sont pas au goût du jour.

    Certains pourraient même être tentés de dire, et d’aucuns ne s’en privent pas, que le mariage est à notre époque un véritable anachronisme, un vestige désuet et obsolète de la vieille morale bourgeoise judéo-chrétienne .

    Selon le professeur Casalis, de la Faculté de théologie protestante de Paris, pour ces derniers, le mariage est une « institution aliénante ».

    Ainsi, voulant se dégager de ces contraintes, refusant de s’engager pour cinquante ans de vie commune, désirant accorder la priorité au sentiment plutôt qu’au prescrit, on a recourt à l’union libre, au concubinage qui refuse tout projet à long terme. On assimile la notion de fidélité à celle de perte de liberté. Dans la même logique, on n’hésite plus à divorcer avec d’autant plus de facilité que l’indépendance financière est acquise pour bon nombre de femmes.

     Et l’on pense ainsi, en inscrivant sa vie dans ce nouvel ordre social, avoir découvert la panacée en matière d’éthique et ouvert la porte à un nouvel âge d’or !

    Ce faisant, on ferme les yeux sur les conséquences individuelles, familiales et sociales de telles pratiques ; on fait fi des leçons que l’histoire, en bonne pédagogue nous a léguées ; on oublie cette grande vérité biblique soulignée par le sage Ecclésiaste selon laquelle :

    « Rien n’est nouveau sous le soleil. » 

    L’histoire nous parle ! 

    De fait, l’histoire des civilisations est là pour nous rappeler, si besoin était et besoin il y a, que c’est dans le relâchement des mœurs qu’il faut voir un des agents de leur décadence.

    Il est vrai qu’il ne faut pas occulter les causes externes comme les invasions étrangères et les guerres, ni les causes internes comme un déclin économique lié à des modifications structurelles de la société (passage de l’esclavagisme au servage chez les Romains, par exemple) aussi bien que les guerres de pouvoir, cependant, ce serait faire une grossière erreur que de minimiser la déliquescence des mœurs dans ces processus d’affaiblissement des civilisations.

    Il ne fait aucun doute que lorsque la cellule nucléaire de toute société, à savoir la famille, est battue en brèche et que la sexualité est débridée, que les enfants n’ont plus de foyer de référence d’éducation et de refuge, la société tout entière se met à sombrer.

    Les civilisations romaine et grecque, pour ne citer qu’elles, en sont des exemples patents.

    Lorsque l’hédonisme, éthique du plaisir, est érigé en système de pensée, livrant l’homme à tous ses instincts, à ses seules pulsions, à ses seules passions, alors surviennent la dégringolade et le chaos, puis la désillusion et enfin les lendemains qui déchantent. 

    C’est dans un tel contexte, proche du nôtre, que l’Evangile , « la bonne nouvelle » fut annoncée comme un message libérateur aux peuples méditerranéens de l’Empire romain.

    Une foule toujours plus nombreuse d’esclaves vivait alors sans droit à former une famille stable. C’était le monde de la promiscuité sexuelle, tolérée ou voulue par les maîtres.

    A l’autre bout de l’échelle sociale, le mariage y était certes pratiqué mais dans le cadre d’un contrat social de façade où l’intérêt des familles primait, laissant souvent aux époux une entière liberté extraconjugale.

    Cela ne leur posait aucun problème sur le plan religieux car bien des cultes comportaient des rites immoraux.

    Dans les grandes villes comme Corinthe, toutes les perversions étaient permises et possibles.

    Le contexte social de l’esclavage permettait une pratique de la prostitution et du commerce des enfants à grande échelle. Les corps étaient devenus des objets de plaisir et la pornographie comme la pédérastie, héritée de la Grèce, s’étalaient publiquement comme en témoignent les fresques de Pompéi et d’Herculanum. 

    Comme nous le voyons, notre époque, qui se veut libérée, n’a rien inventé ni rien à envier aux peuples païens de l’époque de Jésus. La civilisation romaine a disparu mais l’Evangile demeure toujours et s’est même développé sur les ruines d’une civilisation moribonde. 

    Un exemple à part : 

    Il est intéressant de noter qu’à cette même époque, tout un idéal conjugal est apparu chez les philosophes stoïciens. Ces hommes aspiraient à un foyer stable où les sentiments pourraient être partagés, où les obligations morales seraient respectées, en un mot où règnerait l’amour.

     Et, les historiens d’alors ne manquèrent pas de citer les cas de plusieurs couples qui surent se rapprocher de cet idéal. 

    Tentatives modernes systémiques d’un nouvel ordre social : 

    Battu en brèche par la religion du plaisir, le mariage le fut aussi par celle de l’Etat souverain.

    En Russie, une des collaboratrices de Lénine, Alexandra Kollontaï, politicienne et féministe, voulut restaurer un Etat-providence destiné à se substituer à la famille et à se charger de l’éducation des enfants.

    Après bien des prises de positions divergentes, le régime communiste décida de réhabiliter le mariage comme fondement de la famille. 

    Les apports de l’ethnologie sur le mariage : 

    L’ethnologie nous montre que le mariage n’est pas une norme inspirée uniquement par la culture judéo-chrétienne.

    Voici ce qu’en dit l’Encyclopédie Larousse :

    « Il semble bien que la famille conjugale ait toujours été connue même dans les sociétés où se pratiquait une certaine promiscuité sexuelle. En effet, la plupart des sociétés humaines connaissent le mariage et le conçoivent comme l’union de deux époux en vue de la procréation, de la protection et de l’éducation des enfants.» 

    L’ethnologie nous apprend, qu’hormis quelques exceptions comme chez certains aborigènes d’Australie et chez quelques peuplades, partout, chez les Indiens d’Amérique aussi bien que dans les tribus les plus reculées d’Afrique et d’ailleurs, le mariage et la famille constituent le fondement de la vie sociale.

    Certes, les formes et les modalités peuvent varier, mais le fond reste le même, et, même là où la polygamie existe encore dans certaines régions d’Afrique, du Moyen et du Haut Orient, la monogamie est de loin la structure familiale la plus répandue.

    On a découvert en 1967 dans une île des Philippines, au cœur d’une forêt impénétrable, une petite tribu primitive vivant au niveau de l’âge de pierre, les Tassadays.

    Et l’on a constaté que ces hommes sont très strictement monogames et que leurs liens conjugaux sont si forts qu’ils ignorent le divorce !

     

    L’histoire des civilisations, autrement dit, celle des hommes, nous interpelle et nous rappelle que, par delà les fondements de la morale judéo-chrétienne, lorsqu’on s’attaque au mariage et à la famille, c’est en réalité aux fondements mêmes de la société tels que Dieu les a voulus que l’on porte atteinte, avec les conséquences terribles qui en découlent.

    Il faut aussi reconnaître qu’exceptées les périodes d’égarement collectif, le mariage a perduré au travers des siècles et des cultures, comme s’il était inscrit dans la mémoire des peuples, comme s’il était conservé dans le capital génétique de la conscience universelle pour protéger les hommes de leur propre folie. Mais, probablement, faut-il y voir les effets de la grâce commune de Dieu. 

    Le mariage, un anachronisme de fin du XX siècle ? 

    Entre 1973 et 1983, il y a eu un million de mariages de moins que prévus en France.

    Autrement dit, un changement brusque des comportements et des valeurs morales a poussé environ deux millions de Français en âge de se marier à choisir une autre voie.

    Cette diminution des mariages a été contrebalancée par une nouvelle institution prétendument plus adaptée à notre fin de siècle, l’union libre ou concubinage.

    En fait d’adaptation, les sociologues constatent qu’en Suède, pays plus « avancé » que la France en la matière, 53% des jeunes de 18 à 25 ans vivent en union libre et qu’il y a dix fois plus de séparations entre eux que chez les couples mariés.

    Or, malgré la propagation des méthodes de contraception, le nombre d’enfants hors mariage a doublé de 1960 à 1982 !

    Dès lors, il y a lieu de s’inquiéter pour tous ces enfants nés dans un tel no man’s land, expression à prendre au propre comme au figuré.

    Dans le même temps, en France et pour les mêmes raisons, le nombre de divorces ne cesse d’augmenter : en 1970 : 37000 et en 1980 : 90000.

    Il y a vingt ans, on dénombrait un divorce pour dix mariages ; bientôt, ce sera un divorce pour trois mariages ! 

    Les plus belles théories lancées sur le marché des idées pour évacuer toute culpabilité et éviter toute remise en question s’effondrent devant la brutale réalité d’enfants, victimes innocentes , dont l’avenir est déjà lourdement hypothéqué tant au plan psychologique qu’affectif.

    Un article paru dans un journal s’intitulait : « l’enfant déchiré ».

    Voici que l’enfant qui devrait être le signe de l’unité du couple, de sa communion et de son amour, devient neuf fois sur dix la victime sans défense et souvent le spectateur meurtri de la désunion, de l’amertume et parfois de la haine.Comment ne serait-il pas lui-même, petit être fragile, divisé jusqu’au fond de son âme ? 

    Les enseignants, les pédiatres, les psychiatres , les psychologues ainsi que les juges pour enfants peuvent attester des difficultés affectives, relationnelles, cognitives voire psychiques dont souffrent nombre de ces enfants privés des armes nécessaires pour affronter l’avenir.

    Il faut être aveugle ou de mauvaise foi pour nier une réalité aussi criante !

    Il est vrai qu’on trouvera toujours quelques exemples apparents de réussite parmi les enfants du divorce mais, il ne faut surtout pas qu’un arbre cache la forêt ! 

    Y a-t-il des raisons d’espérer ? 

    Il est notoire qu’en matière de mode  comme de comportements, ce qui se fait aux Etats-Unis met une dizaine d’années pour se propager en Europe.

    Dès lors, il est envisageable d’imaginer, avec prudence, ce qu’il en sera chez nous en observant ce qui se fait là-bas.

    En l’occurrence, on assiste chez les Américains depuis quelques années, à un recul de la « révolution sexuelle » commencée dans les années 60. Nombreux sont ceux qui ont soif de changement car il y a dans le cœur un désir profond de vivre l’amour dans la pureté et non dans la licence.

    Il ne s’agit pas pour autant de tomber dans un optimisme béat concernant l’évolution des mœurs dans notre pays touchant particulièrement le statut de la famille et du mariage.Tout au plus, devons-nous être vigilants et rester fidèles à nos convictions. 

    Si j’en ai appelé à la parole des historiens, des ethnologues et des sociologues, c’est pour souligner le fait que le mariage n’est pas une institution secondaire à laquelle on peut toucher selon « son bon plaisir » et impunément, mais qu’il s’agit d’une institution qui, parce qu’elle est à l’origine de la famille, base de toute société, doit être abordée avec beaucoup de soins et d’attention.

    C’est aussi pour rappeler que la Bible qui nous en donne les fondements, n’est pas un livre démodé et poussiéreux mais qu’elle est d’une pertinence, d’une clairvoyance et d’une actualité qui étonnera tout lecteur tant soit peu curieux, et dans tous les cas, désireux d’approfondir, et sa culture, et sa connaissance des choses de la vraie vie.

    Il découvrira alors que la Bible qui reste toujours le best-seller, est un livre éminemment moderne. 

    Postface : 

    Nous sommes en 2012, soit 24 ans après la rédaction de cet article.

    Il t’appartient, cher lecteur, de juger de sa pertinence en regard de l’évolution de notre société qui s’apprête à subir de profonds bouleversements, et d'agir en conséquence.

     

    Bien amicalement

     

                                                                        Jean-Marc Ausset, Saturargues le 08/11/2012

     

     

     

     

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