•   QUELQUES PENSEES  A MEDITER SUR LE MARIAGE

                    Ou comment réussir sa vie à deux

    S’engager dans une vie de couple n’est pas l’affaire d’un instant mais celle de toute une vie.

    De fait, le mariage n’engage pas seulement deux êtres mais il concerne aussi leurs enfants qui, d’une certaine manière, viendront sceller leur union et concrétiser leur amour.

    C’est dire combien il est important d’établir des fondements solides à la construction d’un édifice au sein duquel chacun devra pouvoir évoluer sans craindre qu’il ne s’effondre au moindre coup de vent, et dont l’atmosphère lui permettra de s’épanouir dans la paix, la joie, l’harmonie et l’amour.

    Ceci nous renvoie à cette parole de Jésus-Christ, empreinte de sagesse, rapportée par l’évangéliste Luc au chapitre 14 et au verset 28 :

    « Lequel de vous, s’il veut bâtir une tour, ne s’assied d’abord pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi la terminer, de peur qu’après avoir posé les fondements, il ne puisse l’achever ? »

    Il peut sembler étrange, voire incongru, voire même déplacé de parler de dépense à calculer alors que les regards complices et amoureux semblent éclairer le présent et l’avenir d’une lumière riche de promesses de bonheur et d’optimisme.

    Et cependant, force nous est de constater que la réalité est bien là pour confirmer les paroles que nous venons de lire !

    Faute d’avoir mesuré le prix à payer pour la construction de leur foyer, nombreux sont ceux qui ne l’ont pas mené à leur terme et ont vu s’écrouler tous leurs espoirs.

    Calculer la dépense, c’est prendre conscience que le prix à payer ne se mesure pas en terme d’argent, mais en terme d’amour et de don de soi jour après jour, année après année.

    Le philosophe Sénèque disait avec raison : « si tu veux être aimé, aime ! »

    En disant cela, il rappelait une grande vérité selon laquelle, si la haine engendre la haine, l’amour engendre l’amour.

    Mais, ce serait une erreur de croire que l’amour n’est qu’affaire de sentiments. Rien n’est plus versatile, plus volatile que les sentiments. Les sentiments fluctuent au gré de nos ressentis, de nos émotions, du regard de l’autre, des apparences, des circonstances. Rien n’est plus subjectif et infidèle que les sentiments.

    L’écrivaine canadienne Laure Conan disait à juste titre : « aimer une personne pour son apparence, c’est comme aimer un livre pour sa reliure. »

    Malheureusement, nombre d’unions résultent d’une perception superficielle de l’autre et ne résistent pas à l’usure du temps et aux agressions de la vie qui révèlent alors le fond de l’être. Or, et nous ne devons pas nous le cacher, nous ressentons tous au fond de nous, parfois douloureusement, les revendications insistantes de notre Moi qui refuse de s’incliner face aux désirs souvent légitimes de l’autre que nous prétendons aimer et auquel nous avons juré fidélité.

    Les principaux ennemis de l’harmonie dans le couple sont nichés au fond du cœur de chacun et porte les noms «  d’orgueil et d’égoïsme. » C’est ce couple infernal qui brise les espoirs les plus prometteurs !  C’est alors que les regards langoureux se muent en regards de haine!

    L’écrivain-aviateur Saint-Exupéry avait cette formule pleine de bon sens et issue de son expérience personnelle :

    « aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder dans la même direction. »

    Evitant ainsi les dangers du face à face, Saint-Exupéry avait compris que le couple est comme un tandem dont les efforts conjoints, les projets de vie sont orientés vers un objectif commun . Cette union des moyens, vers une fin commune, constituait donc pour lui une force et une garantie pour l’avenir.

    L’intention est bonne et la démarche est saine mais l’écrivain a oublié une chose, c’est de définir la direction.

    En effet, la pérennité du couple, sa longévité ne seront assurées qu’à proportion de celle de l’objet ou de l’objectif visé ou poursuivi.                                                                                                                        Malheureusement, force nous est de constater qu’aucun objet ici-bas n’offre de telles garanties.

     Ici-bas, tout paraît et tout passe !

    N’y aurait-il donc aucune échappatoire à ce cercle vicieux qui enferme l’homme dans le cadre fragile de l’incertitude, de la fragilité, du subjectif, de l’éphémère, autrement dit, de celui de la désillusion, des déchirements et des souffrances ?

    N’existe-t-il pas une direction vers laquelle nous puissions orienter nos regards et qui nous découvrirait de nouveaux horizons exempts d’incertitudes pour le lendemain et à l’abri de toute corruption , quelque chose de solide et de pérenne ?

    L’histoire des hommes montre et démontre , au travers de ses tentatives religieuses, la permanence d’une quête orientée vers la transcendance, vers un principe créateur, vers la divinité, que lui inspirent, non seulement la contemplation de la création dans sa majesté et son immensité céleste mais aussi le sentiment intérieur de la notion d’éternité.

    La Bible se fait l’écho de cette réalité par les paroles du sage, l’Ecclésiaste qui s’exprime en ces termes : ( Ecclésiaste 3 v 11 )

    « Dieu a mis dans le cœur de l’homme la pensée de l’éternité. »

    Cette notion d’éternité est en parfaite harmonie avec la nature de cet être incréé, auquel les Saintes Ecritures donnent le nom de Dieu, créateur des cieux et de la terre. Plus encore, à travers elles, ce grand Dieu se définit comme éternel, tout-puissant, omniscient, juste et miséricordieux. Mieux encore, Il se révèle comme étant un Dieu d’amour, source de toute vraie vie, un Dieu qui parle au cœur de ses créatures, un Dieu qui répond à celles et ceux qui en appellent à Lui.

    Or, précisément, nous ne pouvons qu’être interpellés par le terme qui définit le mieux le Dieu de la Bible, hormis celui de sa sainteté qui le désigne comme le TOUT AUTRE, à savoir le mot AMOUR. En effet, le terme grec « agapè » traduit par « amour » l ne désigne pas un sentiment sujet à fluctuations mais une attitude de coeur, un état, une nature, qui est l’essence même de la vie divine que Dieu veut partager avec ses créatures.

    L’amour de Dieu, l’agapè nous est présenté par l’apôtre Paul ( 1 Corinthiens 13 ) comme le sommet des exigences morales auxquelles chaque homme aspire confusément.

    Lequel d’entre nous, en effet, se réjouit de la méchanceté, de l’égoïsme, de l’hypocrisie, de la violence, des conflits ou des guerres ?

    Le philosophe Jean-Paul Sartre ne disait-il pas : » l’enfer, c’est les autres « ?  Il eut été plus juste de dire que nous portons chacun l’enfer en nous-mêmes !

    Lequel d’entre-nous n’aspire-t-il pas, au contraire, à être un ferment de paix, de bonté, de tendresse, de droiture, de justice en un mot «  d’amour ».

    Il ne fait pas de doute que si nous pouvions avoir accès à la source d’un tel amour qui donne et qui pardonne, qui ne tient pas le compte du mal, qui recherche la justice et la vérité, alors, notre vie en serait bouleversée et, non seulement la nôtre mais aussi celle de notre couple et celle de notre famille.

    Et c’est ici que nous est faite l’offre la plus révolutionnaire que l’on puisse imaginer, celle de pouvoir recevoir gratuitement cet amour-agapè qui peut changer radicalement les perspectives de notre vie !

    Cette offre gratuite, imméritée, nous est faite par Jésus-Christ, le fils de Dieu, Dieu incarné, Parole de Dieu faite chair, venu parmi les hommes pour leur rappeler l’existence de leur créateur et leur dire qu’Il les aime comme un père aime ses enfants.

    La Bible dit que « Dieu a tellement aimé le monde qu’Il a donné son fils Jésus-Christ, afin que quiconque croit, ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle. » ( Evangile de Jean ch 3 v 16.)

    L’apôtre Paul, écrivant aux chrétiens de Rome, reprend ce même thème ( Romains 5 v8 ) :

    « Mais, Dieu prouve son amour envers nous, en ce que lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous.

    Nous étions des pécheurs c’est-à-dire dans une attitude de rébellion, de rejet, de déni de l’existence même de notre créateur. Nous étions des ennemis de Dieu , vivant sans autre ligne de conduite que celle que nous dictaient nos penchants naturels dont nous avons pu juger des inconséquences.

    En mourant sur la croix du Calvaire, Jésus-Christ, payant alors, par le don de sa vie, le prix de notre réconciliation avec Dieu, nous offre l’opportunité inespérée de recevoir, non seulement le pardon divin mais de surcroît de recevoir dans notre cœur , par la venue de son Esprit , cet amour éternel , cet agapè divin qui fait de chacun de nous une créature nouvelle capable d’aimer comme Dieu nous aime.

    Un tel miracle est à la portée de tous et de chacun et il porte le nom de « nouvelle naissance ».

    Cette opération spirituelle fut annoncée par les prophètes dans l’Ancien Testament et notamment par le prophète Joël dont l’apôtre Pierre reprit les termes le jour de la Pentecôte pour expliquer les manifestations qui suivirent la première venue du Saint-Esprit sur les croyants de Jérusalem :

    Actes 2 v 17 : « dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai mon esprit sur toute chair…..alors quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. »

    Cette nouvelle naissance est l’accomplissement de la promesse de Dieu faite au prophète Ezéchiel  ( ch 36 v 26 ) dont les termes sont évocateurs :

    «  Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés… je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai mon esprit en vous et je ferai que vous suiviez mes ordonnances. »

     

    C’est de ce changement radical que Jésus parle lorsqu’Il dit à Nicodème, un des chefs de la synagogue venu l’interroger : ( Jean 2 v3 …)

    «  En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu…..si un homme ne naît d’eau ( symbole de purification) et d’Esprit (symbole de régénération ) il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l’Esprit est esprit. »

    Vous l’avez compris, le seul amour qui soit à même de souder un couple de façon durable ne peut être que celui que Dieu lui-même met dans les cœurs.

    Cet agapè divin est offert à tous ceux qui le Lui demande avec simplicité et humilité .

    Regarder dans la même direction , tel que nous le suggérait Saint-Exupéry, est une bonne chose, mais regarder vers Jésus-Christ , le ressuscité, l’auteur de notre salut éternel, est une chose excellente et vitale.

    Souvenons-nous de ses paroles et approprions-nous les car elles sont Esprit et Vie :

    «  Je suis le chemin, la vérité et la vie « ( Jean 14 v6 )

    «  Je suis la lumière du monde, celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres mais il aura la lumière de la vie «  ( Jean 8 v 12 )

    « Je suis la résurrection et la vie, celui qui croit en moi vivra quand même il serait mort ; et quiconque croit en moi ne mourra jamais , crois-tu cela ? « ( Jean 11 v 25 )

    Cette question posée par Jésus à Marthe qui pleurait la mort de Lazare, son frère, est toujours d’actualité car c’est la question centrale à laquelle nous sommes tous appelés à répondre. Tout atermoiement nous prive, dans l’immédiat de la joie du salut et du bonheur de la communion rénovée avec Dieu notre Père céleste, nous maintient dans la prison de nos incertitudes et de nos faiblesses et, pour l’avenir nous tient dangereusement à l’écart de la vraie vie qui est éternelle comme l’amour divin seul, peut l’être.

    Un dernier mot pour conclure ces quelques réflexions sur les conditions d’un mariage réussi :

    «  La corde à trois fils ne se rompt pas facilement.. » 

     Cette formule empruntée à l’Ecclésiaste résume bien tout ce qui a été dit.

     Pour rester solide, les deux brins formés par le couple devront être épissés avec le brin divin qui le reliera à la source de l’amour et de l’harmonie.                                                                                                                                                                                            

                                                                                                       

        Jean-Marc AUSSET , Saturargues , le 16 juin 2009                  

     

     

     

     

     

     

     

     

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